Le rôle de parents dans notre mal être

Role des parents

Le rôle des parents est avant tout d’être juste, ensuite d’être capable de voir l’intérêt de leur enfant avant le leur, avant leurs propres besoins, leur propre confort. On n’est pas coupable de faire des erreurs tant que personne ne vient nous en faire prendre conscience !

La société ne peut pas se substitué aux parents

La société ne joue pas son rôle d’éducateur. Pour la bonne raison que les dirigeants eux-mêmes sont bien plus occupés par leurs propres intérêts, leurs propres ambitions, et qu’il est plus facile de mener un troupeau de moutons que des gens qui réfléchissent et ont un sens critique !

Le sens de la justice et de la responsabilité n’est pas la préoccupation de tout le monde !

L’inconscient par contre est à l’œuvre chez la plupart et va bon train : muent par des souffrances d’enfance non réglées, même pas reconnues, de telles personnes vont se comporter avant tout comme des « bons garçons » ou des « bonnes filles » qui restent fidèles au rôle que papa et maman leur ont attribué.

Elles ne verront et interpréteront le monde qu’à travers « cette logique » qui les aveugle et les rend sourd à tout autre interprétation !

Et vous deviendrez le « méchant » de venir troubler leur ordre de leur monde infantile, eux qui se donnent tant de mal à convenir à leurs parents, même s’ils sont morts d’ailleurs.

Car nous sommes habités par « nos parents intérieurs » et qu’ils continuent de mener le jeu sans que la plupart des gens en aient pris conscience ! Et même après de nombreuses années d’analyse et de recherche de la vérité, nous pouvons être encore « loin du compte » tant certains parents excellent dans l’hypocrisie, l’incohérence, le bluff, et les injonctions inconscientes : « tu accepteras notre loi ou je ne t’aimerai plus ».

Tout ceci en étant persuadés d’être de bonnes personnes, puisqu’elles agissent comme des enfants dociles et obéissants. De tels parents en agissant ainsi, ne sont pas en état psychologique d’assumer leur rôle de parent qui demande d’être libre : ils ne pourront donc accepter la liberté de leur propre enfant et entraveront sa construction à grand coup de morale et de rationalisation.

De tels parents, même s’ils ne frappent pas leurs enfants, les soumettent à une violence psychologique, d’autant plus pernicieuse qu’elle peut être masquée par de bonnes apparences! Mais un enfant qui ne peut s’exprimer librement à travers ses émotions et la parole ne reçoit pas le droit d’exister et ne peut donc construire sa personnalité. Ces paroles le mutilent à chaque étape.

Olivier MAUREL définit la violence éducative ordinaire principalement par rapport aux violences physiques.

Je définirais la violence psychologique ainsi : quelque chose qui peut ressembler à quelque chose de bon (pas toujours) et qui est foncièrement mauvais pourtant mais du coup très difficile à déceler comme tel !

On peut être une personne sympathique et un très mauvais parent, tant le rôle de parents exige de conditions ! L’idéal est d’être heureux. C’est à dire content de soi, de sa vie, ne souffrant pas de gros manque affectif, et ayant le désir de transmettre ce que l’on a reçu de bon. Dans ce cas, le plaisir sera la priorité et l’enfant ne sera pas bridé et réprimandé sous des prétextes parfaitement rationnels. [Alice Miller, C’est pour ton bien]

Peu de personne ont bénéficié d’un état des lieux si favorable. Les dégâts ne sont pas tous identiques : certains n’empêchent pas la personne d’être parent car elle a reçu suffisamment pour être bienveillante et avoir le désir de progresser par amour pour son enfant ! Certes, c’est moins facile : on peut se poser un peu trop de questions, sachant ce que l’on ne veut pas reproduire mais ne sachant ce qu’il est mieux de faire !

Et malheureusement, il y a une catégorie de parents (je les appelle les « faux-parents ») qui n’ont aucune conscience que la croissance positive et heureuse de leur enfant va dépendre d’elle : leur enfant sera toujours coupable de mal faire !

Elles ne se poseront aucune question sur leur mode de fonctionnement lié à leur propre histoire d’enfant blessé! Elles auront toujours raison et leur enfant toujours tort! Il n’y aura pas d’écoute, pas de dialogue, et l’enfant sera tenu de s’adapter à leur logique étouffante!

Il n’aura pas le droit d’avoir de manifestation émotionnelle, des désirs, des affects,…à sa différence, à son autonomie, s’exprimant par des actes et des paroles, respecté et valorisé!

Un tel enfant ne peut exister réellement !

Centré sur l’attente de ses parents pour ne pas être totalement discrédité et rejeté, il se voit contraint d’être leur « marionnette » – situation intolérable pour un être humain dont la complexité nécessite beaucoup de respect et de liberté pour développer un Moi fort et sain. Pour pouvoir vivre et non survivre.

Quel est le profil de ce type de « parents »?

D’abord, une association désastreuse de deux personnes dont les problématiques graves (jamais reconnues), interagissent et se renforcent à merveille (ne laissant aucune chance à leur enfant de se faire entendre).

L’un des deux est le « meneur » (apparent), mégalo, il sait tout, ne se trompe jamais, et n’accepte aucune contrariété. L’autre, pour lui n’existe pas, et il fait sa « victime » pour arriver à ses fins : il manipule. Il a donc pris soin de choisir un partenaire très faible, dépendant affectif et peu confiant en lui, qui n’aura jamais la force de le contredire !

Dans les deux cas, les parents sont restés à un stade infantile inconscient : ce sont deux enfants, jadis grandement lésés qui réagissent de fonction différence en fonction de leur structure de base. Ils trouvent leur compte comme ça !

Malheureusement, ils emprisonnent leur enfant, qui lui ne trouve pas du tout son compte. Face à un tel bloc inébranlable, l’enfant devient de plus en plus perturbé : repli sur soi, timidité excessive, mutisme, dévalorisation, tout ceci menant à la tristesse, au désespoir, aux symptômes physiques, puis plus tard à l’impossibilité de prendre sa place socialement, et bien souvent d’avoir des relations intimes !

A l’âge adulte, les sentiments de solitude et d’impuissance sont intenses puisque l’on a brisé « dans l’œuf » les ailes d’une telle personne :

  • Tout est bouché !
  • C’est sens interdit partout !
  • De quoi devenir Fou !

Et dans le même temps ces parents ne font que lui reprocher son état! Pourquoi ne croque-t-elle pas la vie à pleine dents? Pourquoi se complique-t-elle la vie?

Un sentiment de culpabilité intense semé depuis le début s’intensifie : la personne perd pied de plus en plus : tout est complique et rien ne marche. Parce que la personne a été dévié de son axe : elle est déséquilibrée, et « l’espace psychique » laissé par ses parents, la marche de manœuvre est minime.

Terrorisé par le matraquage de « messages négatifs » qui ne font que l’enliser et la jeter de plus en plus dans la confusion une telle personne se fige dans l’immobilisme: c’est la psychose ! (à des degrés divers).

Pourquoi ?

Puisqu’en tant d’exister je fais du mal à mes parents, je vais me plier à leurs interdits (non prononcés verbalement bien souvent). Je vais réduire mon champ d’action (déjà faible) de plus en plus.

Une telle personne marche sans cesse sur des œufs par la peur d’être détruite si elle déplaît. A ses parents, mais aussi à la terre entière (c’est la double peine) puisque son schéma relationnelle de base se déplace (c’est le phénomène du Transfert) sur toutes les relations !

La personne n’est plus intégrée au monde : il y a elle et les autres. Sans s’en rendre compte bien souvent, la Honte d’elle-même l’envahit comme une toxine sournoise!

Toujours en faute, elle est devenue extrêmement prudente, n’est plus capable de spontanéité, se méfie d’elle et de tout le monde.

Elle ne croit plus en elle, elle ne croit plus en les autres. Elle ne fait plus confiance en la vie, craignant en permanence d’être détruite.

Ayant appris l’abus de pouvoir de ses parents, avec l’incapacité de se révolter (car ne sachant même pas ce qu’elle serait en droit de recevoir d’eux!), personne ne lui ayant dit que ce qu’elle vivait n’était pas normal : que ce n’était pas elle qui était un mauvais enfant, une mauvaise personne, mais ses parents qui étaient gravement perturbés («toxiques »). [Susan FORWARD, Parents toxiques]. Ses parents l’ont formaté à l’impuissance !

On n’exige pas des parents parfaits mais des Parents, Oui ! Un parent ne doit pas écraser son enfant du seul fait de sa supériorité de départ. En effet, la relation débute dans un écart de pouvoir énorme.

Comment se fait-il, qu’il n’y est pas de barrage à cet abus de pouvoir ?

Bien au contraire, ce sont les enfants (même devenus adultes et ayant faits leurs preuves dans la vie!) qui seront désapprouvés d’oser remettre leurs faux-parents en cause, dans un espoir de changement : un désir d’être enfin respectés, pris au sérieux, tenus en compte afin d’avoir enfin une relation d’égal à égal!

Il n’y a pas de parents parfaits mais l’Amour donne envie de s’améliorer.

Pourquoi conforter les « Faux-parents » dans leurs erreurs initiales toute leur vie ?

La raison rationnelle invoquée systématiquement est qu’il ne faut pas les culpabiliser. Leurs enfants, eux doivent avoir la force de tout supporter, chercher à se guérir et à devenir responsables, mais leurs géniteurs (comme disent certains de mes patients) sont dispensés à jamais de faire le travail si difficile de réparation de leur « enfant intérieur » que leur enfant a entrepris avec beaucoup de courage!

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