Quelles différence entre psychiatre, psychologue, psychanalyste ou psychothérapeute ?

psychothérapeute

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin. Sa formation est basée sur un « savoir scientifique ». Il peut donner des médicaments (anxiolytiques, antidépresseurs …). Certains pratiquent la psychanalyse et la psychothérapie.

Le psychologue

Le psychologue a une formation universitaire basée sur un « savoir » généralisé, théorique, intellectuel,… Il travaille souvent en intuition mais il peut aussi avoir un cabinet privé.

Le psychanalyste

L‘essentiel de la formation du psychanalyste est basée sur son analyse personnelle au cours de laquelle, il aura appris « de l’intérieur », par ses propres « ressentis » – grâce aux interventions d’une personne elle-même analysée – à connaître son « inconscient », c’est à dire à assumer vraiment son histoire d’enfant et ce qu’il en résulte aujourd’hui ! Accéder à son Inconscient demande d’être aidé à dépasser refoulement (des blessures) et résistances (à les reconnaître).

La méthode respecte particulièrement la singularité du sujet puisque l’objectif est de lui faire retrouver ses propres désirs (ayant pu être contrariés par la non-acceptation inconditionnelle des parents). Parallèlement à son analyse personnelle, le futur psychanalyste peut fréquenter une des nombreuses écoles de psychanalystes où il peut y apprendre la théorie (différente selon les écoles d’ailleurs).

Au début de sa carrière le psychanalyste fait un travail de supervision avec un ou plusieurs « pairs » afin d’analyser ses « contre-transferts ». En effet, la méthode psychanalytique est basée sur l’analyse du transfert ; c’est ce qui restitue son histoire aux patients !

Le transfert est un déplacement : lorsque nous n’avons pas compris le « drame de notre enfance », nous prêtons aux autres les mêmes attitudes, les mêmes intentions que nous avons ressenties jadis chez nos parents !

Ceci nous empêche d’être objectifs, et nous enferme dans des « cercles vicieux » limitant considérablement notre liberté, la réalisation de nous-même et notre bonheur de vivre.

Le contre-transfert est une réaction au transfert.

L’analyste doit être vigilant et lucide sur ce qu’il se passe en lui pour ne pas gêner la libération de son patient ! Le psychanalyste s’occupe uniquement du passé de son patient, rejoué dans le présent mais il n’intervient pas sur les difficultés de la vie réelle d’aujourd’hui.

La méthode ne convient donc pas aux personnes trop faibles, n’ayant pas un « moi » suffisamment fort ou ne pouvant s’appuyer sur du « solide » dans leur vie d’aujourd’hui.

D’autre part, le silence du psychanalyste peut être perçu comme de l’indifférence, de la désapprobation et leur faire revivre la solitude insupportable de leur enfance.

C’est pourquoi les psychanalystes font souvent trois entretiens préliminaires avant de prendre un patient en analyse !

Les psychothérapeutes

Il existe de nombreuses approches différentes de la souffrance humaines et donc des visions différentes pour chaque psychothérapeute :

  1. Les thérapies brèves

    • Thérapie comportementale et cognitive
    • L’hypnose
    • La sophrologie
    • La PNL
    • La psycho-généalogie
    • Le coaching
    • La thérapie de couple
    • La sexothérapie
    • L’approche centrée sur la personne
    • La psychothérapie comportementale émotionnelle et rationnelle
    • Les thérapies psychocorporelles
    • La relaxation
    • Le massage ayurvédique
    • LE travail de la voix
    • La méthode Reich
    • Le MDR
  2. Les thérapies moyennes

    • L’analyse transactionnelle
    • Le psychodrame analytique
    • La gestalt thérapie
    • L’art thérapie
    • La thérapie familiale
    • L’analyse bioénergétique
    • La psycho synthèse
  3. Les thérapies longues

    • La psychanalyse :
    • L’analyse Jungienne
    • L’analyse lacanienne

Généralement les thérapies brèves ne s’occupent pas du passé du patient. Elles tentent de soulager la personne à l’aide d’induction positive et de relaxation.

Cependant, passé le stade du soulagement, il s’avère souvent nécessaire d’engager une thérapie classique sous peine de rechuter !

Par exemple, la thérapie de couple met en évidence que le choix du partenaire est profondément lié à notre histoire : nous répétons les frustrations de notre enfance (ou les satisfactions) en choisissant quelqu’un qui ne pourra pas nous donner ce que nous n’avions pas déjà reçu de nos parents.

C’est donc le lieu par excellence pour faire des transferts qui aboutissent à des drames en venant titiller notre manque d’estime de nous-même et notre manque de confiance en nous !

Il sera donc nécessaire à la suite de l’analyse de l’interaction de problématiques, d’entamer un travail personnel pour guérir de nos blessures et ne plus transposer « notre culture familiale » sur notre couple.

De même pour la sexothérapie : si les techniques proposées peuvent aider dans l’urgence, elle ne pourra pas être efficace sur le long terme sans un travail profond de la personne sur ses blessures d’enfant : là aussi, le manque d’estime de soi, voire la honte de soi rendra impossible une sexualité libre.

Les thérapies moyennes sollicitent la prise de conscience de nos fonctionnements, certaines se référant à notre enfance (analyse transactionnelle), d’autre non (la gestalt).

Lors des thérapies s’inscrivant dans la thérapie brève ou moyenne, le thérapeute ne laisse pas son patient dans un blocage : il apporte des outils pour en sortir contrairement à la psychanalyse classique où l’analyste est discret et souvent silencieux, laissant son patient « patauger » afin qu’il se rende compte par lui-même de ses fonctionnements : contradictions, hésitations … et qu’il en tire lui-même ses propres conclusions !!!

C’est pourquoi il faut être suffisamment « armé » pour supporter une telle méthode !

Combien de temps doivent durer les thérapies ?

Tout dépend de la gravité de la problématique bien sûr ! Et du degré d’exigence d’une personne d’aller au bout de la recherche de son vrai Moi. Il faut environ dix-huit ans pour construire un être humain à condition de recevoir les bons « ingrédients ». Lorsque ça n’a pas été le cas, la personne a été mal programmée. Il faut déconstruire avant de reconstruire sur des bases saines !

Le conditionnement toxique et les résistances au changement sont tels que cette phase peut prendre beaucoup de temps. Ensuite, il faut accompagner et encourager une telle personne à prendre le risque de faire de nouvelles expériences. Et contrairement à ce que beaucoup pensent, il faut encore être accompagné pour assumer les bonnes choses qui arrivent alors.

Ça ne va pas de soi pour une personne qui a été très brimée par ses parents, qui a connu essentiellement des frustrations et des contrariétés et à qui ses parents n’ont pas donné la permission de réussir et d’être heureux.

Mais pourquoi cette question sur la longueur des thérapies et la dépendance au thérapeute ?

Déjà par ignorance des besoins fondamentaux de tout être humain pour se construire de façon équilibrée.

  • Par peur : le thérapeute ne serait-il pas un voleur qui voudrait faire durer les thérapies par besoin personnel ou un incapable, ou pire un … charlatan !!!
  • Par jalousie (les conjoints par exemple).

Les parents voient d’un mauvais œil que leur enfant échappe -grâce à un travail thérapeutique- à leur emprise et soient remis en cause. Ne voulant pas admettre le rôle qu’ils ont joué dans les difficultés de leurs enfants, ils ne voient pas l’intérêt d’une démarche longue et coûteuse. Ils tentent alors de la discréditer sans même essayer de comprendre !

Thérapeute et patient s’embarquent dans une aventure et prennent un risque ensemble. C’est particulièrement vrai pour les personnes ayant été « brisées dans l’œuf » où tout est à faire. Apprendre à vivre, à s’aimer, à oser prendre sa place, à s’affirmer demande un long accompagnement, même avec une aide active.

Même les tentatives d’être efficace plus rapidement (thérapies brèves) échouent souvent et on ne peut faire l’économie de la patience et de la persévérance. Comme le dit Gérard Jugnot interprétant une psychothérapeute dans le film « Oui mais » conseillé par la FF2P « même les thérapies brèves peuvent être longues ». Un problème en cache souvent un autre.

L’important est qu’il y ait une évolution permanente : ainsi, ce n’est ni stérile, ni décourageant. Au contraire, la personne se passionne pour sa recherche sur elle-même qui lui ouvra sans cesse de nouvelles portes. Pourquoi est-on offusqué « d’une aide positive et constructive alors que tant de personnes vivent très mal, sont dépendantes de l’alcool, de la cigarette, des antidépresseurs, des anxiolytiques ?

Que d’autres voient constamment des médecins, des spécialistes et ne résolvent pas leurs symptômes !

Pourquoi le psy devrait il régler en un temps record le résultat des dysfonctionnements et des défaillances de leurs parents et de l’ignorance généralisée de la société sur les besoin fondamentaux d’un être humain pour se construire. C’est une tâche titanesque et on peut déjà se réjouir que les dégâts ne soient pas irréversibles. Dans les cas trop graves où personne n’a détecté à temps les conséquences inéluctables d’un comportement parental très pathologique, il sera souvent trop tard !

La dépendance aux psys mise en question également

Là aussi les commentaires de personnes ignorantes des besoins fondamentaux de l’être humain et des conditions nécessaires pour être en bonne santé psychique et physique vont bon train !

Une occasion de plus de douter de l’honnêteté et de l’efficacité des thérapies (si dérangeantes). L’enfant se construit dans la dépendance affective à ses parents et il a besoin d’eux pendant très longtemps pour se construire. Si les parents sont suffisamment sains, leur objectif est de faire grandir leur enfant : de lui donner à chaque étape les moyens de devenir autonome.

Sans cette dépendance, l’enfant est livré à lui-même, se sent seul et ne sait vers où aller.

Un enfant ne peut se construire seul !

Il doit prendre racine quelque part et ses parents doivent lui fournir des « ingrédients ». Est-ce à dire que l’être humain est complètement conditionné ? C’est un débat philosophique !

Pour moi, il n’y a pas de liberté absolue mais ce qui compte c’est que les parents aient de la souplesse : s’ils proposent des valeurs, ils ne maîtrisent pas comment leur enfant va les organiser pour devenir quelqu’un d’unique !

Les parents doivent respecter la liberté de leur enfant, tout en leur transmettant ce qu’ils considèrent des valeurs. Un adulte qui vient consulter est partiellement comme un enfant : certes il est un adulte qui a une vie d’adulte mais son « enfant intérieur » blessé mène souvent le jeu dans sa vie et c’est la cause de ses échecs dans différents domaine !

« L’enfant  » a donc besoin de pouvoir se retrouver (se trouver pour la première fois bien souvent) dans une situation de confiance, sécurisante pour découvrir qui il est vraiment (et non porter le lourd fardeau de messages négatifs inhibiteurs et sources de souffrances morales atroces !).

C’est à travers cette « dépendance » choisie cette fois (la partie adulte sait ce qu’elle fait !) dans un climat de bienveillance et d’acceptation inconditionnelle* qu’une personne va pouvoir (enfin !) se détendre, ne plus craindre d’être détruire et accepter les suggestions du thérapeute pour apprendre à se voir et voir le monde avec un autre regard et non plus à travers le prisme déformant de ses parents malades !

Une telle personne a besoin que le thérapeute s’investisse à fond pour se redonner de l’importance et se sentir à nouveau « aimable » et digne d’intérêt. Pendant un certain laps de temps, la personne a besoin du regard positif du thérapeute pour gommer progressivement la vision déformée que ses parents avaient d’elle. Elle est donc momentanément (même si ça peut durer longtemps) dépendante !

Mais cette fois-ci, la dépendance est constructive et positive : elle permet à la personne de croire en elle, de se faire confiance et de prendre enfin sa place (que ce soit dans la vie privée ou sociale).

Il est à noter que : la frustration maintient dans la dépendance et la satisfaction mène à l’autonomie.

Quelqu’un de sécurisé ne vit pas dans la peur du regard des autres, il ne vit pas la désapprobation donc il n’est pas entravé dans ses choix d’adulte. Quelqu’un d’insécurisé vit, même adulte, dans la terreur d’être détruit. Donc il stagnera car il n’osera pas prendre de risque.

Le temps de la dépendance est plus ou moins long selon la gravité de la problématique.

Personnellement, je suis toujours contente à la fin d’une thérapie : j’ai permis grâce à sa coopération active, à une personne en souffrance (à des degrés différents) car rendue impuissante par les messages dévalorisants et moralisateurs de ses parents, leur manque d’affection, de prendre son Envol !!

Je l’ai aidé à reprendre ses cartes en main et désormais, armé de la force que donne la validation, elle pourra affronter sans s’écrouler les inévitables difficultés de la vie d’adulte.

Son enfant intérieur guéri, rien ne pourra plus la détruire et elle n’aura donc plus peur des autres. Même s’il peut rester des séquelles, des traumatismes, elle pourra tout le reste de sa vie les faire diminuer d’intensité.

C’est l’évolution permanente rendue possible par la « dignité retrouvée » et la confiance en ses capacités. La personne n’est plus impuissante ! Elle est libre, bien qu’ayant des limites (tout le monde en a).

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